Guidée par le souhait de suspendre son mouvement dansé dans l’espace, Amélie choisie le verre.
Attirée par la transparence des couleurs et l’effet de la lumière, l’artiste propose des mouvements colorés qui habitent toute l’espace.
Le résultat : une œuvre contemporaine dont on oubli le support.

Parcours professionnel
einture & danse


Peintre, interprète en danse contemporaine et fondatrice d’une résidence artistique interdisciplinaire en nature (RURART art contemporain en milieu rural), Amélie Lemay- Choquette est une artiste de la relève dynamique et entreprenante. Ses peintures sur verre ont été exposées à la Galerie Espace à Montréal (avril 2017) et le sont présentement à la Galerie d’Art Cookshire-Eaton. Elle a gradué en 2012 de l’Université Concordia avec une double spécialisation en danse contemporaine et peinture. L’année suivante, le Conseil de la Culture de l’Estrie lui remet le Prix Relève 2013 pour l’originalité et le côté rassembleur de sa démarche.

Démarche artistique

Processus : corps.
Véhicule : couleur, transparence.
Atelier : nature.
Mon parcours artistique est profondément teinté par les propos du philosophe Goethe que cite Rudolf Steiner: « il n’y a qu’un seul royaume de la vérité, embrassant l’art et la nature en son unité »[1]. La nature et les arts sont et ont toujours été deux pôles indissociables autour desquels s’active ma pratique.
Ma démarche se déploie par le biais de deux disciplines qui se complémentent l’une et l’autre, les arts visuels et la danse. Le contexte in situ constitue une bougie d’allumage qui stimule ma pratique et me fait emprunter des sentiers non balisés. L’installation, la performance et la picturalité sont mes formes d’expression privilégiées pour traduire formellement mon propos; un propos alimenté par ce qui m’intéresse particulièrement, soit l’invisible qui m’habite, l’altérité qui me côtoie ainsi que ce qui transcende ma réalité quotidienne.
Ma pratique s’inscrit dans le mouvement contemporain de l’Action Painting, un modus operandi qui sollicite l’engagement du corps dans la réalisation de l’œuvre. Ainsi, grâce à la pratique d’exercices spécifiques (tels le tai-chi, le gyrokinesis et le mouvement authentique), je repère les zones de tensions de mon corps et m’en sers comme sources et comme guides pour créer un langage singulier, celui de mon corps à l’oeuvre et incorporant l’oeuvre, autant en picturalité qu’en performance. Effets de gravité, mouvements circulaires, ponctuations, frémissements, silences, enchevêtrements, circonvolutions, amplitude, ne sont que quelques mots de mon vocabulaire artistique personnel.
Travaillant sur les deux surfaces d’un support en verre, je crée des effets de transparence, de translucidité, de sfumato et d’opacité qui s’activent avec la lumière. Les couleurs et formes générées par ma gestuelle corporelle interagissent avec les différents matériaux utilisés. Ceux-ci font l’objet d’une recherche constante et évolutive dans mon processus.
Mon environnement constitue ma nourriture de prédilection pour créer. Ainsi lorsque je danse ou lorsque que je peins sur le verre, j’incarne ce que l’espace, la nature, l’environnement me laissent comme traces, comme affects. Il s’agit pour moi d’une forme de transcription abstraite de la façon dont l’espace que j’habite m’habite en retour.

[1]Tiré de la thèse de doctorat d’Irène Morzadec-François, Connaissance et liberté dans la philosophie de l’éducation de Rudolf Steiner, 2014, p.96